Catégorie M · Les coulisses · Épreuve 2 sur 8 · 5 min
Les tokens et la fenêtre de contexte
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Un token est un morceau de texte : un mot court entier, un bout de mot long, un signe. Les IA lisent, écrivent et facturent en tokens. En anglais, 100 tokens font environ 75 mots ; en français, il en faut un peu plus, compte environ 1,5 token par mot. La fenêtre de contexte est le nombre de tokens qu'une IA peut avoir sous les yeux à la fois.
Les briques du texte
Une IA ne lit ni des lettres ni des mots entiers. Elle découpe le texte en tokens : des morceaux, comme des briques de Lego. Un mot courant tient dans une brique ; un mot long ou rare en demande plusieurs ; un point ou une virgule en prend souvent une à lui seul.
Exemples mesurés avec notre compteur, qui utilise le découpage publié par OpenAI :
- « Je voudrais résilier mon abonnement à la salle de sport. » : 10 mots, 12 tokens. « résilier » est coupé en « rés » et « ilier », et le point compte pour un.
- « Bonjour, pouvez-vous m'envoyer l'attestation de la CAF ? » : 14 tokens pour une phrase courte. Les apostrophes et le trait d'union coupent les mots en plus petits morceaux.
Pourquoi ça compte ? Parce que tout se mesure en tokens : ce que l'IA peut lire d'un coup, la longueur maximale de sa réponse, et le prix quand on passe par une API.
Avec notre compteur, combien de tokens fait le mot « anticonstitutionnellement » ?
Combien de mots dans 1 000 tokens ?
Pour l'anglais, les éditeurs donnent un repère. Selon OpenAI, un token vaut environ 4 caractères, soit trois quarts de mot : 100 tokens font environ 75 mots. Google annonce 60 à 80 mots anglais pour 100 tokens avec Gemini.
Pour le français, aucun éditeur ne donne de chiffre officiel. Mais toutes les mesures vont dans le même sens : il faut plus de tokens qu'en anglais. Une étude publiée en 2025 sur quatre modèles ouverts compte, pour des mots isolés, de 1,5 à 2,1 tokens par mot français, contre 1,2 à 1,4 en anglais. Nos phrases d'exemple tournent entre 1,2 et 1,75.
Le repère à garder : en français, compte environ 1,5 token par mot, un peu plus pour un texte administratif ou technique. 1 000 mots font donc environ 1 500 tokens.
Chaque éditeur a en plus son propre découpage. Anthropic indique que ses modèles Claude 4.7 et suivants produisent environ 30 % de tokens de plus que les précédents pour le même texte. La seule mesure exacte est celle que l'API renvoie avec chaque réponse.
Selon OpenAI, en anglais, 100 tokens représentent environ …… mots.
Vrai ou faux ?
Un même texte fait exactement le même nombre de tokens chez toutes les IA.
La fenêtre de contexte, ton plan de travail
La fenêtre de contexte, c'est le nombre de tokens que le modèle peut avoir sous les yeux pendant une demande. Ce n'est pas ce qu'il a appris : c'est sa mémoire de travail.
Imagine le plan de travail d'une cuisine. Tout ce qui tient dessus est utilisable : les consignes, toute la conversation, les documents collés… et la réponse en train de s'écrire, qui prend aussi de la place. Ce qui dépasse tombe par terre. Quand une conversation approche de la limite, certains sites résument le début pour continuer : l'aide de Claude explique que c'est ce qu'il fait.
En octobre 2026, les plus grands modèles récents vont jusqu'à 1 million de tokens, soit plus de 600 000 mots français, plusieurs gros romans. D'autres s'arrêtent à 200 000 ou 256 000 tokens, et une IA installée sur un ordinateur personnel travaille souvent avec bien moins (leçon 6).
Réflexe utile : pour une question précise, ne colle que les pages qui comptent. Tu gardes de la place, et la réponse arrive plus vite.
Relie chaque texte à son poids approximatif en tokens, en français.
Touche un élément à gauche, puis celui qui va avec à droite.
Mei colle un rapport de 300 pages dans un outil dont la fenêtre de contexte est petite. Que risque-t-il de se passer ?
À toi : mesure tes propres textes
Ouvre notre compteur de tokens. Rien n'est envoyé : le calcul se fait dans ton navigateur, et chaque morceau s'affiche dans une couleur.
- Colle un mail que tu as écrit récemment et note le nombre de tokens et de mots.
- Demande à une IA de traduire ce mail en anglais, colle la traduction et compare.
- Essaie des prénoms et des mots rares : « Mamadou » fait déjà 3 tokens.
Tu sauras alors, pour tes vrais textes, combien de tokens il faut par mot. C'est ce chiffre qui servira à estimer une facture dans la leçon 4.
Ce que l'IA ne te dira pas
Un développeur raconte sur le forum d'OpenAI (2023) que ses utilisateurs francophones faisaient grimper ses coûts : 159 mots français lui donnaient 277 tokens. Il avait fixé ses tarifs en pensant à un rapport proche de celui de l'anglais. Avant de fixer un prix ou un budget, mesure tes vrais textes, dans ta langue.
Source : Forum des développeurs OpenAI, « Explosion in the number of tokens / words generated » (août 2023)
Sources
- OpenAI, « What are tokens and how to count them? » (aide OpenAI) (consulté le 24 octobre 2026)
- Google, « Understand and count tokens » (documentation Gemini API) (consulté le 24 octobre 2026)
- Anthropic, « Glossary » (documentation Claude) (consulté le 24 octobre 2026)
- Schut et al., « Do Multilingual LLMs Think In English? » (arXiv, 2025), annexe sur le découpage des mots (consulté le 24 octobre 2026)
- Aide Claude, « Comment fonctionnent les limites d'utilisation et de longueur » (consulté le 24 octobre 2026)