Catégorie Q · Arnaques, faux et droits · Épreuve 3 sur 6 · 5 min
Reconnaître une fausse vidéo ou une fausse photo
Mis à jour le
À l'œil nu, on ne repère plus sûrement une image faite par IA. La bonne méthode : se méfier de l'histoire qui l'accompagne, chercher son origine par une recherche inversée (Google Lens, TinEye), puis la passer dans un outil officiel comme Gemini. Aucun outil n'est infaillible : l'absence de filigrane ne prouve pas qu'une image est vraie.
Compter les doigts ne suffit plus
Pendant longtemps, on repérait une image IA à ses mains à six doigts ou à son texte illisible. C'est fini. En juillet 2026, l'éditeur de sécurité Malwarebytes juge ces conseils dépassés : les générateurs actuels soignent ces détails.
Les indices visuels restent utiles quand ils sont là : bijoux qui changent d'une image à l'autre, reflets déformés, ombres incohérentes, mouvements étranges dans une vidéo, écriture de fond qui ne veut rien dire. Mais ne rien remarquer ne prouve rien.
La bonne question n'est donc plus « est-ce que ça a l'air vrai ? », mais « qu'est-ce qui prouve que c'est vrai ? ». Et le premier indice est souvent l'histoire autour de l'image : un chien blessé pour lequel on réclame des dons, une star qui vante un placement, une catastrophe que personne d'autre ne montre.
Vrai ou faux ?
Si tu n'arrives pas à trouver le moindre défaut sur une photo, c'est qu'elle est authentique.
La méthode en trois vérifications
1. L'histoire. Qui publie ? Depuis quand ce compte existe-t-il ? Un média sérieux en parle-t-il ? Une image qui te pousse à donner, payer ou partager vite mérite le plus de méfiance.
2. La recherche inversée. Avec Google Lens, TinEye ou la recherche visuelle de Bing, tu envoies l'image et le moteur te montre où elle est déjà apparue. Tu découvres parfois qu'une photo « d'hier » circule depuis des années, ou qu'elle vient d'un compte qui fabrique des images IA. Attention : aucun résultat ne veut pas dire « faux », une photo personnelle n'a souvent aucun historique en ligne.
3. Pour une vidéo, l'extension gratuite InVID, conçue pour les journalistes, découpe la vidéo en images clés. Tu lances ensuite une recherche inversée sur chacune, d'un clic droit.
Une photo d'inondation circule avec un appel aux dons. Remets la vérification dans l'ordre.
Touche les étiquettes dans le bon ordre. Touche une étiquette placée pour la retirer.
Les outils de vérification, et leurs limites
Certains outils lisent les marques invisibles laissées par les IA :
- Gemini (Google) : une fois connecté, envoie l'image, la vidéo (moins de 90 secondes) ou le son, et demande « Ce contenu a-t-il été généré par l'IA ? ». Il cherche SynthID, le filigrane invisible de Google, et les Content Credentials, une sorte de passeport qui retrace l'histoire d'un fichier.
- contentcredentials.org/verify affiche ce passeport quand il existe.
Leurs limites, à connaître absolument :
- Selon l'aide de Google, Gemini ne reconnaît que les contenus créés par les outils d'IA de Google. « Pas de filigrane » veut seulement dire « pas fait par Google ».
- Les messageries comme WhatsApp réencodent les images et effacent souvent le passeport du fichier.
- Un passeport valide prouve d'où vient le fichier, pas que la scène s'est vraiment passée.
- Méfie-toi des sites qui se disent « détecteurs SynthID » : selon Malwarebytes, seuls Google et ses partenaires peuvent lire ce filigrane, les autres se contentent d'une estimation.
Gemini ne trouve aucun filigrane SynthID sur une photo. Qu'en conclus-tu ?
Relie chaque outil à ce qu'il fait.
Touche un élément à gauche, puis celui qui va avec à droite.
Une photo transférée par WhatsApp a souvent perdu ses informations d'origine : elles ont été …….
Ce que l'IA ne te dira pas
En appel vidéo, un deepfake peut réussir le test des doigts levés devant la caméra. Malwarebytes conseille plutôt de demander un geste spontané : tourner la tête, attraper un objet au hasard dans la pièce. Et méfie-toi d'un contact qui refuse catégoriquement tout appel vidéo.
Source : Malwarebytes, « Comment savoir si une image est générée par l'IA ? » (Stefan Dasic, 06/07/2026)
Sources
- Malwarebytes, « Comment savoir si une image est générée par l'IA ? » (06/07/2026) (consulté le 25 octobre 2026)
- Google, « Vérifier les images, les vidéos et les contenus audio générés par IA » (aide Gemini) (consulté le 25 octobre 2026)
- InVID, « InVID Verification Plugin » (projet européen) (consulté le 25 octobre 2026)
- Content Credentials, outil de vérification « Verify » (consulté le 25 octobre 2026)